
Voilà maintenant cinq jours que nous sommes partis. Mon dernier shampoing remonte à mercredi 5 heures du matin. L’important pour moi est de pouvoir me doucher chaque jour. C'est-à-dire avec un grand seau et une écope dans une pièce sans toit qui est la salle de bain commune à l’ensemble des maisons où nous vivons. Pour mes cheveux on verra plus tard quand la situation deviendra vraiment critique. Aujourd’hui, Grace a dû décider que ce moment était arrivé quand par cette fin d’après-midi, elle me demande : -« Ca te ferait plaisir si je te faisais un shampoing ? » -« J’ai donc l’air si pouilleuse que ça ? » (Sourires) C’est vrai que la transpiration et la poussière ont dû avoir raison de ma chevelure. Après avoir quelque peu hésité mais aussi poussée par Ogo, je me laisse faire. Il est tout excité d’être dans cet univers féminin que représente un salon de coiffure africain. La séance commence. Il s’agit d’abord de démêler ma tignasse avec pour seule aide, un peigne afro. Une fois l’action dûment accomplie, le shampoing peut commencer. La tête en arrière, je me laisse bercée par les doigts de Grace qui massent avec application mon cuir chevelu, entourée que je suis par sa généreuse poitrine, elle aussi typiquement africaine ; et oui dans ce salon, le shampoing se fait par l’avant. Mon odorat est en alerte : multiples produits aux senteurs de bonbons chimiques, une légère odeur de sueur le tout mêlé aux effluves de la préparation du repas qui arrive de la cour. C’est terminé, je me sens propre et fraîche (je vous arrête, je parle toujours de mes cheveux). Je crois que je n’ai jamais ressenti autant de plaisir après un shampoing (et ce n’était même pas un Herbalessence !) Mais déjà tout s’accélère et cette fois-ci, c’est Ogo qui se retrouve propulsé sur le fauteuil. Grace a décidé de lui faire des tresses. Quart d’heure de gloire, il se retrouve pris en main par la patronne et ses huit apprentis. Ca n’a pas l’air de lui déplaire !!! Je dirais même qu’il est plutôt à l’aise. Il en ressort dix minutes plus tard avec trois tresses : une à l’arrière, et deux devant…comme Rabbi Jacob. C’est assez drôle et accentue son côté touriste. Ce sera d’ailleurs pour moi une nouvelle occasion de me foutre de sa gueule. |