Accueil > Récits de voyage > journal de voyage
   
 

 
Niger - Niamey


de Olivier, 01-07-2006

24 heures à Niamey


La chaleur est accablante est le ventilateur sans âge d’Antoine peine à nous rafraîchir. Nous trouvons pourtant le sommeil sans mal. La rue cabossée qui coure à quelques mètres de notre case en banco s’est vidée de ses occupants. Seuls quelques commerçants nocturnes sont restés sur le pont et leurs légers chuchotements nous parviennent en une berceuse des plus agréables. Réveil brutal en pleine nuit. Une douleur sourde me brûle la hanche. A chaque nouveau battement de mon cœur, le mal comme vivifié par l’afflux de sang, semble gagner en intensité. Un insecte sans doute. Dans la pénombre, je ne parviens pas à repérer mon assaillant. Je retourne les draps, la taie, en vain, je ne connaîtrais pas l’identité de mon sournois visiteur nocturne. Je me rendors tout de même. Inquiet. Je viens de regagner le royaume de Morphée quand un petit cri étouffé me sort de ma torpeur. C’est Adeline. Elle aussi vient de se faire piquer. Nous nous rassurons mutuellement sans pourtant trouver trace de l’insecte. Les présentations n’auront lieu que le lendemain matin. Il s’agit d’une grosse fourmi noire dotée de deux impressionnants crochés. Quelques-unes sont parvenues à s’infiltrer à travers les mailles de la moustiquaire.

Rochers sacrés

Antoine nous a définitivement pris sous son aile. Il nous guide dans la ville saluant au passage ses nombreux amis. A force d’errer de place en place, nous parvenons sur les rives du seigneur local, le Niger. Nous poursuivons notre vagabondage dans le lit du fleuve. Des monceaux de détritus ont été abandonnés là. Le grand serpent africain, tiraillé par la sécheresse, a des allures de décharge. Les vaches circulent d’un tuyau d’égout à l’autre L’atmosphère nous agresse les narines. Nous croisons un groupe de pêcheurs occupés à la grande toilette du vendredi. Abdoulaye qui à l’habitude de fréquenter les Blancs, nous invite à grimper à bord de sa pirogue moyennant tout de même 2000 CFA (3€). En équilibre précaire dans l’embarcation longiligne, nous fendons le glacis jusqu’à une île toute proche. De gros rochers ornent le ridicule morceau de terre. Sur l’un d’eux, des traces de sang sèchent au soleil. La croyance locale prête à ces blocs de granit d’étranges vertus. « Si ta femme t’a quitté ou si tu as des soucis d’argent, tu viens le lundi ou le jeudi pour sacrifier une chèvre ou un mouton. Ton problème sera réglé », explique Abdoulaye.

Pilonneur débutant 

Un passage à l’ambassade du Bénin et chez Niger Car, une agence de voyage qui organise des excursions sur les traces du dernier troupeau de girafes du Niger et la matinée s’achève. Retour chez Débora Coiffure dans le quartier Liberté. Alors qu’Adeline, observe les filles réaliser d’étonnantes prouesses capillaires, je sors l’appareil photo. Je suis bientôt assailli par tous les gamins du quartier qui rient aux éclats lorsqu’ils se découvrent sur l’écran LCD du boîtier numérique. Sentiment grisant de distribuer trop facilement de vraies tranches de bonheur. Nous poursuivons notre route direction Aninia Coiffure, le salon de la patronne d’Esther. Nous assistons à la victoire de l’Allemagne installés dans la cour avec un coca bien frais. Deux jeunes filles pillent l’igname à nos côtés. Je ne résiste pas à l’envie de les rejoindre et demande à participer. Le pilon solidement ancré dans les mains, j’écrase avec difficulté la pâte gluante disposée au fond du récipient en bois. Dans l’assistance, on se gausse de ma piètre performance.

Bénédiction générale

Grace, la maîtresse de maison nous retient à dîner. Premier repas pris à la main. Matthieu son époux nous rejoint. Il est médecin chef dans une clinique de Niamey. Il rigole en voyant nos boîtes de Doxycycline, posées sur la table. « Les médecins occidentaux n’y connaissent vraiment rien. Cet antibiotique n’est d’aucune efficacité contre le palu. Ici, nous ne faisons plus de prévention médicamenteuse. Il faut simplement utiliser une moustiquaire et s’asperger de répulsif. Ils sont vraiment marrants ses médecins français » ! Marrants ? Ouais moyen. J’ai déjà connu meilleurs humoristes. Matthieu est très croyant. Issu d’une famille d’immigrés togolais très modeste, il est parvenu à financer ses études de médecine grâce au sport. Notre docteur a notamment joué dans l’équipe nationale de basket. Pas étonnant. Il possède une impressionnante carrure de colosse. Un prêtre est venu célébrer l’office du soir à la maison. C’est un ami du père Yves rencontré durant notre voyage depuis Ouaga. Nous restons pour faire plaisir. Mathieu et Grace semblent très touchés. Après avoir béni, l’ensemble du bâtiment, le matériel de coiffure et toutes les poules du poulailler avec un goupillon improvisé grâce à des fleurs artificielles, le curé prend congé. Mathieu insiste pour nous raccompagner. Nous cédons et prenons place dans sa 505 Peugeot dernier modèle.


Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee
       
 
Retour aux autres articles du journal Imprimer cette page Envoyer cette page


Dernières actualités
25/07/2006 : Revoir Paris
10/07/2006 : Entretien avec un sorcier
19/07/2006 : Du calme à la tempête
14/07/2006 : Au bout de la piste
08/07/2006 : Cotonou Express
02/07/2006 : Touchés par la Grace
05/07/2006 : Comment rallier Niamey (Niger) à Parakou (Bénin)
02/07/2006 : Rendez-vous au musée
30/06/2006 : Niamey, nous voilà!
28/06/2006 : Départ imminent!
06/06/2006 : Oiseau de fer



Autres liens :

Tags

24 heures à Niamey - Niamey - Niger -
Offre d'emploi - Ajouter à vos favoris - Découvrez d'autres voyages - Créer un carnet de voyage
Copyright top-depart.com ©2002-2008 Tous droits réservés
- 1er prix - Vols par prix - Billets d'avion pas cher - Soutien Scolaire - Travel Blog - Forum voyage - Lonely Guide - Guide voyage