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Benin - Malanville


de Adeline, 05-07-2006

Comment rallier Niamey (Niger) à Parakou (Bénin)


Niamey-Malanville :

Tout commença par une belle matinée sous le ciel de Niamey. 7h30 gare de Wadata. Après avoir réglé le voyage Niamey/ Gaya (frontière Niger/Bénin) nous prenons place à bord d’un « Toyota 19 places » (chez nous cela correspond à un 9 places !). Pour notre premier gros voyage, dans de telles conditions, nous avons choisi de jouer les « bourges » (petit clin d’œil à Norbert) en réservant les places dans la cabine. Après avoir repoussé les avances de Solany (lait de chèvre), mouchoirs, moustiquaires, montres, robes de « toutes beautés », eau (ils doivent croire que nous circulons avec une remorque)…notre périple commence réellement : 300 km , sous un soleil brûlant, pour un temps de trajet de 5h30. Un bon temps selon Ogo, qui dira même : «  juste une panne, et une roue à changer, bien ! ».
Dès que le camion se met en branle, j’observe attentivement l’habitacle et son contenu. Ce ne sont pas moins de 21 personnes qui sont entassées au total dans ce camion. Personne ne parle, le chauffeur a même l’air de s’emm….. grave, affalé comme il est sur son volant. Et pourtant je suis épatée par son sens de l’observation aiguisé. Il klaxonne alors que je ne vois encore rien, et là apparaît comme par enchantement une chèvre, une vache, un enfant… En fait, le klaxon semble être ici la raison d’être des conducteurs. Ils klaxonnent à tous moments et dans toutes circonstances ; lorsque nous croisons un autre véhicule, lorsqu’une personne ou un animal est en bord de route, ou encore pour doubler un autre transport. Le fameux « contrôle rétro » que tous nos moniteurs auto-écoles nous ont assené ne semble pas être de mise. D’ailleurs, au Niger, une grosse majorité de la population n’a pas son permis, le coût étant trop élevé. C’est peut-être de là que vient cette étrange coutume qui est de mettre son clignotant à gauche lorsque l’on croise quelqu’un ?...
Un sens le l’observation aigue, une maîtrise parfaite du véhicule, et une bonne action/réaction sont la les principaux atouts de ces chauffeurs. Nous croisons, doublons, moult Toyota, roulant cahin-caha, croulant de divers objets hétéroclites, entassés minutieusement sur la galerie. Des édifices de plus de 2 mètres impressionnant.
Sur la route, nous croisons des carcasses de véhicules qui ont versé sous le poids, et aussi « grâce » au bord de route peu stabilisés. C’est pourquoi lors de notre arrivée à Gaya, j’applaudirai volontiers, comme pour un atterrissage réussi d’un avion.
Alpagués par les conducteurs de « Zem » (Zemidjan : amène moi vite en Fon) nous enfourchons deux motos chinoises pour nous rendre jusqu’au pont qui sert de frontière entre les deux pays. Après avoir rempli des papiers, et encore des papiers, qui ne serviront à rien mais bon ils sont contents…direction, toujours en Zem, un hôtel de Malanville (la première ville coté Bénin) afin d’y prendre une bonne douche : je pue le mouton et la transpiration !!!

Malanville-Parakou :

C’est à 8h le lendemain que nous nous retrouvons sur la route pour trouver un moyen de transport.La fin de nuit a était agitée, un violent orage a éclaté vers 6 heures du matin. L’eau s’est infiltré à travers les interstices de la fenêtre et a commencé à inonder la chambre. L’électricité a sauté, le ventilateur ne marchant plus, la chaleur est vite devenue étouffante.Heureusement, au petit matin, tout semble s’être calmé, mais nous sommes inquiets pour l’état des routes.Cette fois-ci nous montons à bord d’une 505 Peugeot « toute neuve » (eh : pouet pouet). Les gens appellent ça un 7 places, mais pour faire ce voyage nous serons 9 : 4 à l’avant, 5 à l’arrière. Un homme se retourne, et s’excuse en souriant : « désolé c’est l’Afrique ». Pas de problème pour nous, enfin du moins pour moi vu mon gabarit, pour Ogo et ses grandes pattes c’est une autre paire de manche. Enfin il s’endormira rapidement, harassé par la fatigue de la fin de nuit ; je l’ai passée à commentée l’orage alors que lui ne voulait qu’une seule chose : DORMIR ! (hihihi).
Les paysages luxuriants les villages et ses habitants, les nombreux écoliers habillés de beige défilent sous mes yeux. Je crois bien que ce pays va me plaire.
Lors d’une « pause » pour mettre de l’essence ( l’anticipation sur la réserve essence ne semble pas être le mot d’ordre ici) nous nous retrouvons au milieu d’une nuée d’écoliers qui nous regardent mi-ébahis, mi-apeurés, mais souriant. Les blancs ne doivent pas passer souvent par ici.
Après plus de 300Km avalé en 4h, nous rejoignons un hôtel de Parakou pour préparer au calme la suite de notre voyage. Si tout va bien nous quitterons Parakou vendredi, en train pour rejoindre Bohicon.

 


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